Quand le corps demande à être écouté
Il y a des douleurs que l’on finit par connaître presque intimement.
Quand elles reviennent encore et encore, elles prennent une place particulière dans la vie. Elles modifient notre rapport au temps, à notre énergie, à nos projets, mais aussi à ce corps que l’on habite chaque jour.
Avec l’endométriose ou l’adénomyose, il s’agit de vivre avec tout ce que cette douleur bouleverse, parfois dans des endroits de notre vie dont on parle beaucoup moins.
À force de composer avec elle, une question finit par émerger : comment retrouver une relation plus apaisée avec son propre corps ?
Quand on finit par avoir peur de son propre corps
À force d’avoir mal, quelque chose change dans la relation que l’on entretient avec son corps. On commence à se méfier de lui.
- Est-ce que je vais pouvoir sortir aujourd’hui ?
- Est-ce que je vais tenir jusqu’à ce soir ?
- Est-ce que cette douleur va s’arrêter ?
- Est-ce que je vais pouvoir dormir ?
- Est-ce que je vais pouvoir avoir un rapport sans avoir mal ?
- Est-ce que je vais devoir encore annuler ?
Le corps devient alors quelque chose que l’on surveille. On écoute le moindre signe, la moindre tension, la moindre sensation inhabituelle. On anticipe la douleur avant même qu’elle soit vraiment là, et cette anticipation devient épuisante. Parce qu’il ne s’agit plus seulement de vivre sa journée : il faut aussi constamment se demander si son corps va permettre de la vivre comme prévu.
Il y a aussi cette colère que l’on n’ose pas toujours reconnaître. La colère contre son corps, contre cette maladie qui prend autant de place, contre cette impression d’être empêchée de faire simplement ce que les autres font sans y penser. Et parfois même, la culpabilité s’installe : celle de ne pas pouvoir être disponible, de devoir dire non, de ne pas avoir l’énergie, de ne pas être « comme avant ».
Alors que l’on n’a rien fait de mal.
On vit simplement avec un corps qui demande beaucoup plus d’attention que ce que l’on aurait voulu lui donner.
Quand la douleur touche aussi l’intime
Et puis il y a tout ce que tu ressens dans cette partie de ton corps que tu aurais aimé pouvoir vivre autrement.
Le ventre, le bassin, les règles, la sexualité… Tout ce qui touche à l’intime finit par être associé à la douleur, à la crainte de souffrir ou à celle de voir ton corps encore une fois t’imposer ses limites. Même un moment qui devrait être agréable devient source d’appréhension. Tu as envie de te laisser aller, tout en restant attentive au moindre signe qui annonce la douleur.
Peu à peu, cette partie de toi devient une zone dont tu te méfies. Une zone que tu évites de toucher, de regarder ou même de ressentir, simplement parce que tu sais trop bien ce qu’elle peut te faire vivre.
Et comment te sentir pleinement bien dans ton corps lorsque celui-ci est aussi devenu une source de douleur ?
Comment lui faire confiance lorsque tu ne sais jamais vraiment comment il va réagir ?
Ce sont des questions profondément personnelles, que tu n’oses pas toujours poser, ni même formuler. Elles trouvent rarement leur place dans les consultations médicales et, pourtant, elles prennent énormément de place dans ta vie.
Notre corps nous parle
Quand j’ai commencé à m’intéresser à ce que vivent les femmes atteintes d’endométriose ou d’adénomyose, je ne cherchais pas à trouver une explication à la maladie. Ce qui m’intéressait, c’était la femme qui doit vivre avec elle.
Dans mon enquête, plus de 75 % des femmes qui ont répondu ont rapporté avoir vécu des violences émotionnelles, psychologiques ou physiques, certaines ayant également connu l’inceste ou le viol. Ce constat m’a amenée à regarder ce que ces expériences laissent dans la relation au corps, aux limites, à l’intimité et à la sécurité.
Car lorsque ton corps est devenu un lieu de douleur, un lieu où tes limites ont été outrepassées, une question s’impose :
Est-ce que tu te sens encore en sécurité dans ton propre corps ?
Cette question nous emmène bien plus loin que la douleur elle-même. Elle nous conduit vers ton histoire, vers ce que tu as vécu et vers cette part de toi qui, enfant, a appris à se protéger comme elle le pouvait.
C’est là que certaines blessures peuvent se révéler : le rejet, l’abandon, l’injustice, la trahison ou l’humiliation. Elles s’inscrivent aussi dans ta façon de t’adapter, de t’oublier, de te méfier, de vouloir tout contrôler ou de supporter bien plus que tu ne le devrais.
Écouter ce que le corps fait vivre, c’est aussi écouter ce que l’on a vécu.
C’est cette écoute que je propose d’explorer en hypnose régressive, en allant à la rencontre de ce qui, dans ton histoire, a laissé une empreinte et de cet enfant intérieur qui a appris à se taire, à encaisser, à s’adapter ou à rester en alerte pour se protéger.
L’endométriose comme l’adénomyose relèvent du champ médical. Mon travail s’intéresse à la femme qui vit avec ces maladies. À ce qu’elle ressent, à ce qu’elle porte, à ce qu’elle a appris à faire pour tenir et à ce qu’elle aimerait enfin pouvoir déposer.
L’hypnose comme espace pour déposer ce qui pèse
Il y a tellement de choses à porter qu’on finit par ne plus savoir ce qui nous pèse le plus.
La douleur, bien sûr. Mais aussi la fatigue, la peur de la prochaine crise, les limites imposées par ton corps, les émotions que tu gardes pour toi, les expériences que tu as traversées et que tu n’as jamais vraiment pu déposer.
Une séance d’hypnose régressive t’offre cet espace où tu n’as pas besoin de minimiser ce que tu ressens, de te montrer forte ou de trouver les bons mots. Tu peux simplement laisser venir ce qui se présente.
Pendant le voyage hypnotique, ton attention se tourne vers ton monde intérieur. Des sensations, des images, des émotions, des souvenirs, parfois des mots apparaissent. Certaines choses font écho à ton vécu actuel, d’autres semblent plus lointaines ou traversent simplement l’expérience sans avoir besoin d’être comprises immédiatement.
Je ne cherche pas à imposer, je t’accompagne. Je laisse ton inconscient nous montrer ce qui a besoin d’être entendu.
Parce que ton histoire t’appartient. Et avant même de chercher à comprendre, il est parfois nécessaire de pouvoir déposer ce qui pèse.
Et si tu pouvais arrêter de considérer ton corps comme ton ennemi ?
Je crois que c’est là que se trouve l’une des dimensions les plus importantes de cet accompagnement.
Pas faire semblant que la douleur n’existe pas. Pas te convaincre que tout va bien. Pas aimer ton corps à tout prix. Mais commencer à ne plus être constamment en guerre avec lui.
Pouvoir lui dire : je sais que tu souffres.
Pouvoir reconnaître ses limites sans avoir honte. Pouvoir écouter ta fatigue sans immédiatement te reprocher de ne pas en faire assez.
Et, petit à petit, retrouver des instants dans lesquels ton ventre n’est pas uniquement une zone douloureuse, mais simplement une partie de toi.
Remettre de la douceur là où il y a eu tant de peur, de colère et d’épuisement. Pas pour nier la maladie, mais pour ne pas lui laisser toute la place.
Une approche complémentaire, jamais à la place du médical
L’hypnose régressive ne soigne ni l’endométriose ni l’adénomyose et ne remplace ni les traitements ni le suivi médical. Elle t’accompagne et te soulage dans ta manière de vivre la maladie : dans ta relation à ton corps, à la douleur, à tes émotions, à ton histoire et à tout ce que ces maladies viennent bouleverser dans ton quotidien.
Certaines viennent parce qu’elles sont épuisées de souffrir. D’autres parce qu’elles ne supportent plus de vivre dans l’anticipation. D’autres encore parce qu’elles ressentent le besoin de retrouver une relation plus apaisée avec leur corps.
Dans cet accompagnement, tu pourras repartir avec un geste d’ancrage, créé pendant la séance, qui te permettra de retrouver, lorsque tu en ressentiras le besoin, l’état de détente vécu pendant l’hypnose.
Il n’y a pas une bonne manière de vivre avec l’endométriose ou l’adénomyose.
Il y a la tienne.
Et c’est elle que nous allons écouter.
Quand le corps demande à être écouté
Peut-être que ton corps ne te demande pas que tu comprennes tout. Peut-être qu’il te demande simplement que tu cesses, un instant, de lui en vouloir. Que tu l’écoutes, que tu reconnaisses ce qu’il traverse et que tu lui accordes enfin l’espace que tu accordes si facilement aux autres.
Parce qu’avant d’être une maladie, avant d’être un diagnostic, avant d’être une douleur dans un dossier médical, il y a une femme. Une femme qui souffre, une femme qui est fatiguée, une femme qui aimerait simplement pouvoir vivre. Et cette femme-là… Tu mérites aussi d’être entendue.
Écrit par Féline Marcin
Maître Praticienne en hypnose régressive & spirituelle
Et si tu t’accordais un temps pour toi ?
Tu n’as peut-être pas toutes les réponses. Tu ne sais peut-être même pas exactement ce que tu voudrais comprendre ou déposer. Et ce n’est pas grave.
Le premier rendez-vous est avant tout un temps de rencontre. Un espace pour parler de ce que tu vis, poser tes questions, mettre des mots là où c’est possible et simplement voir si mon approche peut te correspondre.
Questions fréquentes
Pourquoi mon corps m’empêche-t-il de vivre comme je le voudrais ?
Vivre avec des douleurs répétées, de la fatigue, des crises imprévisibles ou des douleurs dans l’intimité change peu à peu la façon dont tu habites ton corps. Tu le surveilles, tu t’en méfies, tu anticipes ce qu’il va te faire vivre et tu lui en veux parfois. Ta vie s’organise autour de ce qu’il te permet ou non de faire, et cette relation avec ton propre corps devient lourde à porter, alors même que tu n’as rien fait pour qu’il en soit ainsi.
Est-ce normal de ressentir une fatigue constante avec l’endométriose ou l’adénomyose ?
La fatigue fait partie des symptômes de l’endométriose. Elle accompagne les douleurs, les règles difficiles, les troubles du sommeil et tout ce que tu dois gérer autour de la maladie. À cela s’ajoute le fait de devoir constamment composer avec ton corps, prévoir tes activités en fonction de ton état et renoncer à certaines choses lorsque la douleur ou l’épuisement prennent trop de place. Cette vigilance permanente est épuisante.
Pourquoi suis-je constamment dans l’anticipation de la douleur ?
Quand la douleur s’est installée dans ton quotidien, tu apprends à la redouter avant même qu’elle arrive. Tu te demandes si tu vas pouvoir sortir, travailler, dormir, avoir un rapport ou simplement profiter de ta journée. Tu surveilles les signes, tu adaptes tes projets et tu prévois toujours une solution au cas où. La douleur finit alors par occuper une place dans ta vie, même lorsqu’elle n’est pas présente.
Quel lien peut-il y avoir entre mon histoire et l’endométriose ou l’adénomyose ?
Ton histoire personnelle n’explique pas à elle seule l’apparition de l’endométriose. En revanche, elle raconte ce que tu as vécu et ce que ces expériences ont laissé dans ta relation à ton corps, à tes limites, à ton intimité et à ta sécurité.
C’est cette dimension-là que j’explore en hypnose régressive : ce que ton histoire fait encore vivre à la femme que tu es aujourd’hui.
Que va m'apporter l'hypnose régressive ?
L’hypnose régressive t’offre un espace pour déposer ce qui pèse et retrouver plus de sérénité et d’apaisement. Elle permet aussi de prendre du recul face à la douleur, de la vivre différemment et de retrouver une relation plus douce avec ton corps.
L’hypnose remplace-t-elle le suivi médical ?
Non. L’hypnose régressive intervient en complément du suivi médical. Elle ne soigne pas l’endométriose et ne remplace ni les traitements ni les consultations nécessaires.
Elle s’intéresse à la femme qui vit avec la maladie, à son ressenti, à son histoire et à la relation qu’elle entretient avec son corps.
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